Destruction du corps

A l’époque de la Révolution, l’État se substitue au clergé ; la persécution envers les prêtres touche également notre région.

En 1793, la commune de Toulouse décide que le cadavre de Germaine doit être détruit…

Un fabricant de vases en étain, nommé Toulza, appartenant au district local révolutionnaire, se charge de cette opération sacrilège; quatre hommes du village sont requis pour l’aider dans cette funeste besogne; l’un d’eux s’enfuit.

Après avoir retiré le corps de sa caisse en plomb, confisquée pour en faire des balles, ils l’enfouissent à même le sol de la sacristie et y versent en abondance de l’eau sur de la chaux, vive dans le but d’activer la complète destruction de ce corps.

Un prompt châtiment frappa ces trois misérables : l’un fut paralysé d’un bras, l’autre devint difforme, son cou se raidit au point qu’il marchait courbé, le troisième fut atteint d’un mal aux reins qui le pliait en deux ; ce dernier porta son infirmité jusqu’au tombeau.

Les deux autres, plus de vingt ans après, recoururent humblement à l’intercession de cette innocente vierge dont ils avaient si indignement profané les précieux restes et obtinrent guérison par la suite.

Deux années se sont écoulées depuis: en 1795, les temps étant devenus meilleurs, l’abbé Montastruc, curé constitutionnel de Pibrac, associé au maire Jean Cabriforce, décide alors d’extraire le corps de la fosse. Dégagés de leur gangue de chaux, les ossements apparaissent parfaitement conservés et liés entre eux ; seule, la chair est détruite et consumée par la chaux. Le tout est placé dans un petit cercueil, encore visible dans la première chapelle des cierges.

Nous sommes maintenant en 1840. De cette époque date la véritable procédure engagée qui aboutira à la béatification et plus tard à la canonisation de Sainte Germaine.

Le Révérend Père Dupoix est curé de Pibrac et Montagne son vicaire. L’abbé Barthier entreprend la démarche à Rome auprès de la Congrégation des Rites.

1843 : Le Père Barthier est nommé postulateur de la cause. De nombreux documents attestent des dons qui ont permis de financer les frais du procès de béatification.

Au cours du procès, deux miracles concernant la guérison de deux enfants sont retenus:

Jacqueline Cathala (1828) est guérie à l’âge de 8 ans d’un rachitisme avec atrophie des membres inférieurs, et par la suite, Philippe Luc de Cornebarrieu, atteint d’une fistule profonde de l’os iliaque, ces deux faits s’étant révélés dans l’église de Pibrac.

Plus tard, en 1845, se produisit une multiplication de pains et de farine dans une importante Communauté de religieuses: la maison du Bon Pasteur à Bourges, événement authentique qui s’est répété, par deux fois, dans des situations difficiles de pénurie.