Histoire de la construction de la Basilique


Dessin du projet de la Basilique

Basilique en construction

 

A partir de 1867, année de la canonisation de sainte Germaine, les pèlerins sont de plus en plus nombreux à venir à Pibrac prier la sainte du diocèse. L’église Sainte Marie-Madeleine de Pibrac devient rapidement trop petite obligeant de célébrer les messes de pèlerinages en plein air, sur l’esplanade. Le besoin d’ériger une église dédiée à sainte Germaine capable d’accueillir la foule des pèlerins se fait vite sentir.

Il fut d'abord question de bâtir la nouvelle église sur l'ancienne et dans la même orientation. Une commission réunie par l'Abbé Bastié, curé de Pibrac, fut chargée d'étudier le projet. Une étude approfondie démontra que le sol autour de l'église sur lequel devait s’édifier le nouveau monument était encore instable jusqu’à 8 mètres. Le coût des fondations allait entraîner des dépenses énormes.

Après bien des démarches, on réalisa l'acquisition d’un vaste terrain où le sol était ferme à 2 mètres de profondeur pour y construire une nouvelle église.

Un document d’archive nous a permis de lire une lettre datant de 1891 adressée par le père Besombes, alors curé de Pibrac, à Mgr Mathieu, archevêque de Toulouse, lui demandant l’autorisation d’ouvrir une souscription pour la construction d’une Basilique pour «glorifier» sainte Germaine.

Le 15 juin 1901 Mgr Germain posa la première pierre d'un monument de style romano byzantin conçu d'après les plans de Monsieur Esquié, architecte à Toulouse et grand prix de Rome. La souscription dura plus longtemps que prévu en raison des guerres et malgré la générosité des nombreux donateurs, en particulier ceux des États-Unis. Le chantier de construction de la basilique fut considérablement ralenti.

Dès le début des travaux se présenta une difficulté qui paraissait insurmontable: la question de l'eau absolument indispensable. L'eau potable était rare aux environs de l'église; elle faisait même quelquefois défaut aux époques de grandes sécheresses. Dans tous les cas, l'unique puits qui était sur la place était bien loin de pouvoir suffire dans les moments de grande affluence. Plusieurs essais infructueux furent tentés. L'abbé Bastié fit venir de Bayonne l'abbé Houscatagne qui avait des aptitudes particulières pour découvrir les sources.

L'éolienne Euréka

Après bien des tâtonnements, les recherches aboutirent au choix de la source avoisinant la métairie de M. Berdaulon à 1 km et demi environ au sud-ouest de Pibrac. On creusa des puits, on construisit un réservoir provisoire qui fut remplacé en 1903 par un bassin en ciment armé d'une capacité de 1000 litres. Une éolienne, baptisée Euréka, placée près de la source fit monter 100 litres à la minute à 16m50 de hauteur dans le bassin de la Basilique.
Comme on avait pensé que puisqu'on engageait des frais pour un service indispensable à l'édification d'un nouveau monument, on pouvait du même coup assurer l'alimentation en eau de Pibrac surtout pendant les pèlerinages, des canalisations furent mises en place pour amener le précieux liquide jusqu'aux fontaines qui furent installées dans le village. Ce système fonctionnera jusqu'au jour où l'adduction d'eau fut réalisée par les pouvoirs publics.

Et les travaux commencèrent. Une équipe d'ouvriers, maçons, terrassiers, tailleurs de pierres, se mirent à l'ouvrage. Des murs épais en blocage aux revêtements de pierre dure comme du granit, dessinaient les élégantes sinuosités de l'abside, le vaste rectangle de ce qui devait être le chœur et le sanctuaire, et le pourtour monumental du dôme. La pierre venait d'Arudy dans les Pyrénées-Atlantiques.

Les deux tours de l'entrée et le mur qui soutient le pourtour de la façade commencèrent à montrer leurs bases accusées en relief. Peu après on procéda à l'élévation du sol intérieur jusqu'à 1m10 de haut afin de permettre un accès par un vaste escalier. Enfin la construction monumentale, 62 mètres de long sur 30 mètres de large, apparaissait déjà.

Jusqu'en 1911 l'ouvrage semblait vouloir progresser à bonne allure. Mais en 1911 la mort subite de l'abbé Bastié, puis de son successeur quelques semaines plus tard, compliquèrent singulièrement les choses. D'autant qu'alors vinrent les importants travaux qui allaient engloutir des sommes considérables : les murs d'appui de la grande coupole qui devaient avoir une hauteur de 54 mètres. La construction était financée par les dons, parfois modestes, des pèlerins et par la souscription alimentée par tous les amis de l'Oeuvre de Ste Germaine qui, s'ils étaient nombreux, étaient pour la plupart peu fortunés.

Puis la guerre de 1914 éclata. Un moment continués, les travaux furent interrompus pour ne reprendre qu'en l'été 1919. A partir de ce moment là, l'entreprise connut alternativement des périodes d'activité et des périodes de repos (dues au manque de fonds), pour marquer un nouvel arrêt pendant la guerre de 1940 au moment de l'établissement de la ligne de démarcation qui gênait les transports et suscitait un manque de matière première et d'ouvriers. L'église servit même de refuge à un poste de DCA allemande et à une équipe de SS qui mirent à mal matériaux et mobilier.

En 1947, alors qu'on pensait pouvoir continuer, il fallut encore attendre , certains matériaux indispensables étant devenus très rares car s'ils étaient de fabrication importante au début du siècle, ils ne se fabriquaient guère plus, même en temps de prospérité.

Enfin en 1954, la commission accepta l'utilisation du béton armé en remplacement des coûteuses briques foraines taillées et opta pour le principe d'une construction plus légère notamment à base de briques creuses. Puis, devant les colossales dépenses qu'il fallait engager pour terminer l'œuvre, l'idée d'une modification radicale des plans fut peu à peu admise.

Malgré cette modification et l'économie qu'elle entraînait, le nouveau projet devait encore coûter fort cher et par suite voir les travaux traîner en longueur. Aussi fut-il nécessaire de contracter deux importants emprunts. Les pèlerins et les amis de Ste Germaine de leur côté continuèrent leurs offrandes comme ils les continuent aujourd'hui, pour aider à l'amortissement de la dette.

Le 15 juin 1967 , année du centenaire de la canonisation de Ste Germaine, la basilique Sainte-Germaine enfin couverte était consacrée par Mgr Sabin Saint-Gaudens devant une foule immense et depuis ce jour elle est de plus en plus utilisée car sa capacité permet d’accueillir des rassemblements importants de fidèles.

 

Vue de Pibrac en 1958

 

 

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15 juin 1967, consécration de la basilique

En 2010, l'église dédiée à sainte Germaine est érigée au rang de basilique mineure par le Vatican ( voir Actualités ), voici un extrait de la traduction du décret reçu en octobre 2010:

"... la Congrégation pour le Culte Divin et la Discipline des Sacrements, au titre des facultés qui lui ont été attribuées par le Souverain Pontife BENOIT XVI, faisant droit à la demande de Monseigneur Robert LE GALL, archevêque de Toulouse qui exprimait  les attentes et les vœux du clergé et des fidèles, élève très volontiers l'église du sanctuaire de Pibrac dédiée à Dieu en l'honneur de Sainte Germaine, vierge, aux rang et dignité de BASILIQUE MINEURE, avec tous les droits et privilèges liturgiques prévus au Décret relatif aux basiliques mineures du 9 novembre 1989..."

La basilique aujourd'hui